Médiatheque Estaminet (Grenay, 2015)


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Programme : Médiathèque estaminet

Prix médiathèque –  Livres-Hebo Décembre 2015

Lieu : Grenay (62)

Surface : 1500 m2

Cout travaux : 5M€  tdc (inclus VRD, mobilier)

Date études :2011 Travaux 2014-15

Maitre d’ouvrage : Mairie de Grenay

Architecture

 

L’une de nos idées d’avenir est le dépassement des fondations ; de la liaison à la terre…cela exige le dépassement de la pesanteur en soi, Cela exige le corps en suspension, l’architecture physico-dynamique. El Lissitzky ; 1929.

Implantée à Grenay dans le Pas-de-Calais, en centre-ville, à l’angle des rues Jules Guesde et  Louis Leguay, la médiathèque donne à la commune un équipement culturel qui répond, en termes d’offres et de services, aux attentes de la population.

Le projet est localisé à proximité immédiate du centre ville, du parc et des groupes scolaires au croisement triangulaire des trois cités minières qui formèrent la ville. Le tissu urbain immédiat est composé de pavillons.

Il était essentiel pour le maître d’ouvrage que ce lieu devienne le centre de Grenay. L’équipe culturelle avant de choisir un projet a visité les médiathèques européennes qu’elle avait triées sur le volet. Elle a particulièrement apprécié les médiathèques néerlandaises qui outre leurs lumières et leur confort numérique laissaient les enfants apporter leur pot de Nutella.(attention rien de fragile) en salle de lecture.

Partager un livre, un repas, un verre, la médiathèque dans l’idéal serait le lieu où les enfants viendraient prendre leur quatre heure bien sur avec Proust, Lincoln ou Barrico, juste histoire de se changer les idées pas de soucis la cuisine est immense et créer pour ne rien craindre. Les partitions et les instruments de musique seraient invités, une salle sourde est créée à leur usage. La vidéo sera vivante, on pourra y monter ses propres films. Les grands, les anciens sont aussi invités à partager un café ou un verre de bière, le message est clair.

Les tout-petits seront de la fête dès le premier âge, la PMI est à l’intérieur de l’espace médiathèque.

L’enjeu était donné aux architectes, et telle fut la réponse  qui ne tarda pas à venir:

Soulever une partie du bâtiment du sol pour laisser voir l’horizon, alléger les volumes du rez de chaussée dans la même perspective et laisser la transparence vers le sud, vers l’horizon, nous aspirer vers l’entrée, nous inviter à venir découvrir, tel est le sens des volumes de la médiathèque de Grenay.

La lumière, dès le passage sous le volume suspendu, tombe par des fentes verticales. Lumières du nord et du sud se mêlent ne laissant aucune place à l’obscurité, à l’obscurantisme. (Voltaire 1765: De l’horrible danger de la lecture) Se rappeler un instant qu’ici on est plus près de la maison du peuple d’Horta inaugurée par Jean Jaurès (139 km) que de la capitale (209 km) et faire taire la loi du Heimat en douceur.

Le toit est ouvert, sous face lisse sous laquelle on peut poser son vélo, discuter avec les amis de rencontre qui viennent aujourd’hui à l’Estaminet, lieu dédié aux partages de paroles et d’idées, il offre une survivance à la cohérence de la cité, une résistance.

De passif, l’observateur change de regard et une réflexion pointe, voire une curiosité. C’est un bâtiment combattant la paresse et qui renvoie à une stabilité que le lecteur va ressentir en prenant et en lisant son livre. Aucun obstacle, on entre comme dans un bar, un club très sélect où tout le monde a sa carte.

L’acoustique parfaite permet le calme dans ce lieu ouvert sur le jardin mais l’on peut s’isoler dans des espaces multiples qui se rejoignent en faisceau vers l’accueil. Un lieu d’où l’on aperçoit la maison, on est chez soi avec tout le respect que cela impose. Par les pentes de toitures inversées on s’ouvre vers le ciel, on s’élève.

Le terrain est remodelé en un jardin au sud du projet et une terrasse de pierre bleue qui fait déjà partie du paysage de la ville, ouverte où peut boire et manger en consultant la presse sous la protection du volume soulevé. On retrouve aussi la même pierre incrustée dans les façades

Le programme parfaitement lisible dans les volumes:

1)  Le hall, espace d’exposition, accueil des quatre entités un espace extensible.

Le hall, l’accueil grande salle d’exposition à la double lumière nord sud qui peut par l’intermédiaire de parois coulissantes s’étendre dans la salle de conférence, sur les parois des escaliers accédant aux services culturels et dans la médiathèque, est l’espace qui est sous la sous face du volume haut. Même si forme n’est pas définie, sa géométrie marquée par la lumière est claire ne laissant de place qu’à l’orientation. C’est aussi l’espace de consultation de la presse. .

La banque de prêt retour organise cet espace et ses flux.

L’espace d’exposition par son emplacement et ses lumières zénithales bénéficie d’un maximum de surfaces de cimaises largement éclairées par la lumière du Nord. Il est directement perçu par les piétons

 

2) La salle de conférence en forme de cristal a été placée côté rue pour deux raisons :

Elle peut être une identité ouverte en dehors des heures de la médiathèque. C’est aussi l’espace qui peut recevoir un important public. Il a besoin de moins de lumière naturelle que l’espace d’exposition dont il peut n’être aussi que l’extension ou vice versa. Pour des raisons de flexibilité, sa petite régie est mobile avec des prises reparties dans la salle.

3) L’espace de la médiathèque, faisceau s’ouvrant sur le jardin à la fois haut et bas, permet la réunion, le partage et la tranquillité. Un mur éclairé par la couleur radiante de la lumière des verrières la sépare et l’unifie aux ateliers. Les usagers des ateliers peuvent directement venir chercher leurs ressources dans la médiathèque. (partitions, recettes, méthodes) . Le cybercentre est aussi partie intégrante des salles de lecture mais isolé par une paroi de verre.

Les salles de lecture pour les tout petits et l’atelier enfants ont un espace dédié, qui lui est privilégié afin de limiter les gênes sonores qu’elles pourraient apporter aux espaces adultes.

4) les ateliers sont des lieux attenant qui servent en dehors des heures. Ils ont leur propre accès,  coté jardin. Chacun a été pensé pour répondre a une fonction bien précise.

5) Le R+1 rassemble dans un open-space les services culturels de la ville et les lieux de travail des bibliothécaires, pour répondre à cet enjeu le mobilier a été entièrement dessiné pour l’espace comme celui des banques d’accueil qui reçoivent entre autres les restes mérovingiens de la commune. Les détails de tous les meubles sont réalisés aux échelles 1/10, 1/5ème ce qui permet une grande précision d’exécution. La connaissance de l’ergonomie, du mobilier et du design a permis de réaliser des plans innovants, incubateurs des pratiques du futur.

En terme environnemental, le principe constructif alliant la massivité du béton, l’étanchéité des toitures végétalisées avec la transparence et la finesse des façades en verre clair permet de réaliser un édifice à forte inertie. Cette qualité offre au projet un confort d’été optimal tout en privilégiant l’éclairage naturel.

 

Notre chemin architectural

De l’architectonique du bâtiment à son inscription dans le paysage urbain, nous imaginons nos projets comme un pôle d’attraction lié à l’activité quotidienne des citoyens, leur bien-être et leur épanouissement. Cette prise en compte du facteur humain permet la création d’espaces innovants.

Les concepts de lumière, d’espace et de forme sont au premier plan de notre pratique organisée de l’architecture. Toujours sensible à la poésie du lieu, notre architecture fait du temps, du mouvement, de l’air et de la lumière ses matériaux au même titre que le béton, le verre, le bois, et l’acier. De cette interaction entre forces statiques et forces dynamiques naissent des bâtiments fonctionnels et sans gratuité qui savent réconcilier le site à son histoire Notre architecture est à la pointe du défi environnemental à toutes les échelles. Nous étudions le lieu et ses éléments pour y enraciner durablement des concepts nouveaux. La création et la force d’un espace naissent d’une harmonie ou d’un contraste avec l’orientation naturelle, les mouvements du paysage, les plis du terrain, l’usage, les accès, le cheminement. Il s’agit de déterminer les opportunités du lieu et, depuis toujours, notre architecture se distingue par sa volonté profonde d’aborder la question de l’inscription écologique à travers une méthode efficace et adaptée. Aussi, tous nos projets architecturaux sont-ils profondément ancrés dans les strates existantes de leurs sites qu’elles soient physiques, abstraites, ou humaines.

 

Obtenir le standard des maisons passives exige une recherche sur l’énergie par l’utilisation de l’orientation, de la lumière, du soleil, et des innovations techniques. Chaque projet est une nouvelle avancée vers notre but : construire des environnements confortables minimisant les dépenses d’énergie. Dès 1990, nous posons nos premiers double-flux et des matériaux sans COV. En 1998, nous les perfectionnons avec des récupérateurs de chaleur et, en 2004, nous concevons notre première maison positive avec pompe à chaleur, énergie solaire pour l’eau et l’électricité. Aujourd’hui nous utilisons des récupérateurs de chaleur à roue rendement 90%.

Ce processus vers le développement durable ne peut se faire sans la pérennité de l’architecture. Extrêmement méfiant d’une architecture dite « mur-manteau » qui exprime bien son déshabillage ultérieur, nous ancrons depuis toujours la nécessité zéro énergie dans une tradition durable. Pour ce faire, nous utilisons l’inertie thermique de concert avec l’isolation thermique. Nous insérons à l’intérieur des murs béton coulé en place un isolant très performant. (voir détail en coupes ci-dessous)

Cette utilisation de matériaux nobles, sains, de facture simple qui se mettent mutuellement en valeur crée un environnement équilibré, confortable et durable.

 

Une attention est portée aux détails pour maîtriser le challenge conceptuel et technique d’une démarche HQE. Ce challenge est soutenu par l’ensemble de l’équipe, structure, CVC, plomberie, électricité et nous savons tous que c’est seulement en équipe qu’il sera relevé.

 

Paris février 2016